« Un manipulateur est quelqu'un qui se nourrit des conflits qu'il crée. Il provoque les gens et il les pousse à bout. Il ne s'arrêtera que lorsque vous serez sorti de vos gonds, que vous aurez hurlé ou que vous vous serez effondré en larmes [puis recommencera]. Si vous coupez nette la discussion quand vous sentez monter l'enervement. Vous repérez vite son manège. C'est utile à savoir »

Christel Petit Collin, Je pense mieux, Ed. Guy Trédaniel, 2019, p. 216.

Neutraliser les attaques perverses narcissiques

Pour se défendre et endiguer les attaques d’un pervers narcissique :

1. Répondez-lui en tant que personne et non en tant que victime. C’est la personne que vous êtes qui doit lui répondre !
 
2. Faites lui ressentir que vous savez que vous avez du pouvoir sur votre vie. Nous avons chacun du pouvoir sur notre vie afin de créer des cercles vertueux ou vicieux.
Les personnes bien intentionnées considèrent souvent le pouvoir comme une patate chaude dont elles ne savent que faire ! Alors prenez bien conscience que nous avons chacun, donc que vous avez du pouvoir sur votre vie, et faites-le lui ressentir.
 
3. N’essayez pas d’aboutir à une compréhension mutuelle. Le pervers narcissique, tout comme les manipulateurs en général, réintroduit sans cesse de l’incompréhension dans la relation. Accusant systématiquement leur interlocuteur/trice d’être le/la responsable de cette incompréhension. Choisir d’échanger sur le mode de la Communication Non Violente (CNV) : chacun exprime ses ressentis et une solution co-constructive est trouvée-crée, est par conséquent improductif auprès d’eux. Cette dernière menant aux accusations adressées et à l’emprise. 
Pour s’en protéger et s’en défendre, il faut à l’inverse pointer les incompréhensions en les resituant dans la relation. Il vous dira ainsi sans cesse de manières variées : « Tu ne me comprends pas » ou bien : « Je ne te comprends pas (sous entendant que vous êtes moins intelligent que lui) ». À quoi vous pourrez rétorquez par exemple ceci : « Nous sommes au moins d’accord sur un point c’est que nous ne nous comprenons pas ». Ou bien ceci : « Tu as le droit de penser différemment que moi. Cela ne me dérange pas », pouvant s’ensuivre cette question concrète : « Alors comment fait-on ? ». 
 
4. Ne doutez pas devant lui. S’il vous dit « Tu n’as pas le sens de l’humour ». Répondez-lui : « Si j’ai le sens de l’humour mais ta remarque, sous couvert d’humour, est irrespectueuse ». S’il vous reproche d’avoir de mauvais goûts vestimentaires, de ne pas savoir bien cuisiner, etc., répondez-lui : « Mes goûts vestimentaires sont les miens. Tu as le droit de ne pas les apprécier » ou bien « Je cuisine à ma façon. Tu n’es pas obligé d’apprécier mes plats ». 
 
5. Ne vous justifiez pas ! Lorsqu’il sème le doute, vous accuse, vous dénigre. Restez dans les faits, le retour aux limites et l’appel au respect !
6. Faites lui ressentir que vous savez que vous avez un espace privé, une intimité, un insight, auquel il n’a pas accès. Le pervers narcissique tente de faire croire à sa victime qu’il sait mieux qu’elle ce qu’elle pense, entend, voit, ressent comme si elle était transparente. Faites-lui ressentir que vous savez que cela n’est pas possible. 
 
7. N’entrez pas dans le jeu de la culpabilité auquel il souhaiterait vous voir vous enliser. La culpabilité dans sa fonction saine permettant à tout un chacun d’accéder à l’altérité, au respect (en présentant ses excuses si l’on a fait du mal et blessé autrui) ainsi qu’à la responsabilité. Donc grandissez en conscience si vous vous êtes mal comporté mais ne vous fourvoyez pas dans une culpabilité sans fin dans laquelle le pervers narcissique essaie de vous égarer pour installer, maintenir et renforcer son emprise.
 
8. Invitez-le à exprimer ce qu’il ressent sincèrement. De façon très schématique : les pervers narcissiques « se sentent être au monde » mais n’ont pas de « sentiment d’exister » dans le sens d’une intériorité confortable leur permettant de se sentir unique et relié en tant qu’être autonome. Il jouent sans cesse la comédie concernant les émotions agréables auxquelles ils ont difficilement accès. S’exprimant rationnellement, même lorsqu’ils font mine d’exprimer des émotions. 
 
 
9. Attention aux vexations : la vexation est un très bon outil pour avoir une emprise sur autrui. La personne commence à se vexer parce que vous avez positionné une petite cuillère d’une manière qui lui déplaît en installant le couvert. Puis vous vous dites, comme ce n’est qu’une histoire de petite cuillère, que vous l’installerez différemment la fois prochaine pour éviter la crise. Cela se reproduit dans d’autres contextes et vous perdez petit à petit votre spontanéité afin d’éviter des vexations (accompagnées d’autoritarisme, de colères voire de pleurs du partenaire).
 
10. Ne lui donnez pas accès à votre météo émotionnelle. Autrement dit, ne lui donnez pas la possibilité de prendre la mesure de votre état émotionnel. Restez centré/e/aligné/e face à lui sans qu’il ne puisse savoir si votre ciel émotionnel est ensoleillé, nuageux ou pluvieux. 
 
11. Enfin demandez-vous quel avantage il a à être en relation avec vous ? Matériel, statutaire, etc. En quoi êtes-vous un faire-valoir pour lui ?

Le pervers narcissique n’apprécie pas :

1. D’être démasqué : le fait d’être démasqué l’amène à s’énerver, se mettre en colère tout en se victimisant. Ceci, dans l’optique de sauvegarder ce masque. Après quoi, il fera à nouveau bonne figure - figure d’autoritarisme, de sérieux et/ou de séduction - pendant un temps. Ce, le temps de renforcer sa stratégie initiale, pour laquelle son sentiment de vengeance aura alors augmenté (de part ce fait d’avoir été démasqué). Pour finalement aboutir à de nouveaux abus de pouvoir menant à une plus grande emprise. 


2. La plus grande peur du pervers narcissique est l’humiliation.

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